Le safari change l'idée qu'on se fait du silence.

Le guide a murmuré quelque chose en swahili, a coupé le moteur, et plus personne n'a bougé. Devant nous, une lionne traversait la piste au ralenti, sans même nous regarder. J'ai compris à ce moment que cet endroit ne cherche pas à vous impressionner, il le fait sans effort. Yuuki a levé la tête une seconde, puis s'est rendormi. Ce chat n'est pas croyable !

Nous sommes partis en avril, entre les deux saisons des pluies. Personne ne nous l'avait vraiment conseillé, et c'était la meilleure décision du voyage. La végétation rase laisse voir à perte de vue, les animaux ne se cachent nulle part, les pistes sont encore fermes sous les roues et on a pu passer une matinée entière dans le même secteur sans croiser une autre jeep. Le soir au camp, on a entendu les hyènes depuis la tente. Je n'ai pas très bien dormi, mais je n'ai pas regretté une seule seconde !

Après cinq jours de safari, j'ai pris le ferry pour Zanzibar. Stone Town sent le clou de girofle et le poisson grillé, les ruelles sont tellement étroites qu'on se colle aux murs pour laisser passer les mobylettes. J'avais prévu deux nuits. J'en ai fait quatre. Yuuki a rencontré un chat local sur la terrasse de la guesthouse et ils se sont ignorés royalement toute la journée.

Le cratère du bout du monde

On a descendu la piste en lacets dans le brouillard du matin, sans voir le fond du cratère pendant presque vingt minutes. Et puis d'un coup, tout s'est ouvert ! Le guide a coupé le moteur. Trente mètres devant nous, un rhinocéros noir broutait sans s'occuper de personne. Yuuki s'est aplati sur le toit du 4x4 comme si sa vie en dépendait. Je n'ai pas bougé pendant un quart d'heure.

Le dhow et la fin du jour

Le marin nous a dit de monter sur le toit quand le soleil a commencé à descendre. On était à une heure de la côte, au milieu de nulle part, avec juste l'océan et ce ciel qui virait au rouge. Yuuki s'est assis à côté de moi et a regardé l'horizon sans bouger. C'est la première fois que je l'ai vu vraiment silencieux !

Les filets du matin

À cinq heures du matin sur la plage de Kendwa, les pêcheurs étaient déjà dans l'eau jusqu'aux genoux. L'un d'eux m'a tendu le bout du filet sans me demander mon avis. J'ai tiré avec eux pendant vingt minutes, les pieds dans le sable mouillé, en riant sans pouvoir m'arrêter ! Yuuki observait depuis la barque, l'air de trouver tout ça parfaitement ridicule.

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