J'avais sous-estimé l'Argentine sur toute la ligne!

J'avais réservé trois jours à Buenos Aires en pensant que ce serait suffisant. Yuuki, lui, avait compris dès l'aéroport que cette ville n'allait pas nous lâcher facilement. Le quartier de La Boca nous a happés au premier tournant : des façades jaunes, bleues, rouges, une odeur de viande grillée venue d'on ne sait où, et deux danseurs de tango qui répétaient dans la rue comme si personne ne les regardait. Vous savez ce moment où une ville vous prend par surprise alors que vous pensiez tout savoir d'elle ? C'était ça, La Boca à sept heures du soir. Le deuxième choc est arrivé au marché de San Telmo, dimanche matin. Je cherchais un porte-monnaie en cuir parmi les étals quand Yuuki a glissé de mon sac et s'est faufilé sous une table d'antiquités. Le vendeur, un homme de soixante ans avec une moustache impressionnante, a mis dix minutes à le récupérer et nous a offert le maté de bienvenue en riant. Ce que j'ai appris ce matin-là : arriver au marché avant dix heures change tout, les meilleures pièces disparaissent vite et les conversations commencent plus facilement à jeun. La révélation est venue plus tard, en Patagonie, face au glacier Perito Moreno. Je m'attendais à une belle photo, j'ai eu un tremblement de terre silencieux : un pan de glace de plusieurs tonnes s'est effondré dans le lac pendant que Yuuki fixait l'horizon, les oreilles droites, parfaitement immobile. J'ai réalisé que l'Argentine est un pays qui ne vous donne jamais ce que vous attendez, toujours quelque chose de plus grand.

Le tango, ça s'apprend !

J'avais regardé des dizaines de vidéos avant d'arriver, persuadée que ça suffirait. Premier cours dans une milonga du quartier San Telmo : le professeur m'a pris la main, compté jusqu'à huit, et Yuuki a décidé de s'installer sur mes pieds exactement à ce moment-là. J'ai quand même réussi quelques pas corrects en fin de séance. Le tango, vous l'apprendrez vite, ça ne se regarde pas, ça se ressent.

L'asado, une religion

On nous avait invités pour "un petit barbecue". Trois heures plus tard, la braise était encore là, les assiettes se remplissaient pour la quatrième fois, et Yuuki avait négocié son propre morceau auprès du maître de maison. L'asado argentin n'est pas un repas, c'est une cérémonie. Ce que j'ai compris ce soir-là : ne jamais refuser la deuxième assiette, c'est une question de respect !

Au bout du bout du monde

On marchait depuis deux heures quand les nuages se sont enfin écartés. Les trois aiguilles de granit sont apparues d'un coup, violettes dans la lumière de fin d'après-midi. Yuuki s'est arrêté net, les oreilles pointées vers le ciel comme s'il entendait quelque chose que je ne pouvais pas saisir. J'ai compris alors pourquoi les randonneurs reviennent ici chaque année !

Da non perdere ♡

MikaYuukiYuuki