J'ai laissé la savane décider de tout
Le pilote a regardé ma valise rigide comme si je lui apportais un réfrigérateur ! Dans ce minuscule avion de brousse, seuls les sacs souples passaient, alors j'ai transféré toute ma vie dans un sac de toile prêté par le guide, sur le tarmac, devant six passagers hilares. Quarante minutes plus tard, nous avons atterri sur une piste de terre rouge au milieu du Masai Mara.
En arrivant, on a aperçu une famille de phacochères traverser la piste, queue dressée comme une antenne. J'ai trouvé la scène plutôt marrante, le personnel de l'aéroport un peu moins...
La première nuit au camp, Yuuki a décidé que notre tente lui appartenait. Pas besoin de vous préciser que j'ai eu du mal à m'endormir à côté d'un chat qui ronflait au lieu de ronronner. Vers deux heures du matin, un rire aigu a résonné tout près de la toile. C'était une hyène, m'a expliqué plus tard le gardien. Yuuki, lui, n'a pas attendu d'explication. Il a traversé la tente d'un bond et s'est glissé dans mon sac de couchage. J'ai eu peur, vraiment peur, mais j'ai évité de bouger pour ne pas déranger Yuuki. Il avait tendance à se montrer grognon si on osait le réveiller.
Le troisième jour, notre guide a coupé le moteur au bord de la rivière Mara. Des milliers de gnous hésitaient sur la berge, puis le premier a sauté, et tout le troupeau a suivi dans un grondement qui a même fait vibrer le 4x4 ! Debout sur la banquette, j'ai oublié de respirer. Yuuki, perché sur mon épaule, fixait les crocodiles avec l'air d'un chef qui compte ses invités. J'ai pris trois cents photos pendant la traversée, et Yuuki bâillait sur chacune d'elles...
Mes instants préférés
Mandazi et rhinocéros
À Ol Pejeta, les rangers m'ont présenté Baraka, un rhinocéros aveugle qui adore qu'on lui gratte les oreilles. Pendant la visite, l'un d'eux m'a tendu un mandazi, un petit beignet encore tiède. Grave erreur ! J'en ai redemandé à chaque pause, puis j'ai négocié des rations comme une contrebandière. Et pendant que je discutais avec le ranger, Yuuki en a profité pour voler le dernier qui restait dans la boîte.
Le chameau fait grève
J'avais tout prévu à Samburu : départ à l'aube, balade à dos de chameau, photo parfaite face au soleil levant. Mon chameau s'est agenouillé et a refusé de se relever tant que je restais sur son dos. Yuuki, lui, a eu le droit de rester perché sur la bosse ! Alors j'ai marché deux heures à côté, avec le chamelier qui me donnait le nom de chaque acacia. Sur toutes ses photos, c'est Yuuki qui fait le safari, et moi qui tiens la corde.
Sous le regard de Yuuki
Sur le lac Naivasha, notre barque glissait entre les papyrus, à quelques mètres d'une famille d'hippopotames. J'ai chuchoté, j'ai photographié, j'ai même tenté de me rapprocher d'eux sans attirer leur attention. Assis à la proue, Yuuki me fixait, les yeux à moitié fermés, comme un professeur devant une copie ratée. Puis un hippopotame a bâillé, énorme, à deux mètres de nous ! Yuuki n'a pas bougé d'un poil. Il a simplement bâillé à son tour, plus longtemps, pour bien montrer qui était le patron.
À faire absolument ♡


