J'ai traversé un pays qui ressemble à une autre planète!
J'ai posé le pied sur le sol Islandais et j'ai immédiatement compris que les règles normales ne s'appliquaient pas ici. Le paysage est extrêmement diversifié, la route longe des coulées de lave recouvertes de mousse, puis soudain une cascade surgit sans prévenir, sans panneau, sans rien. Yuuki a sorti la tête de son sac à ce moment-là, a regardé l'eau tomber de soixante mètres, et a décidé que c'était l'heure de faire sa sieste. Je vous jure, ce chat a un timing parfait.
Le moment qui m'a vraiment déstabilisée, c'est au bord du Strokkur. On attend, on attend, tout le monde fixe le même point bleu dans le sol, et d'un coup l'eau explose à trente mètres de hauteur avec un bruit sourd qui se sent dans la poitrine autant qu'on l'entend. J'ai reculé d'un pas en riant, les embruns froids sur le visage, et Yuuki a bondi comme si c'était lui qui avait provoqué l'éruption. Il a fallu cinq minutes pour le récupérer entre les jambes des autres visiteurs.
Le soir, sur la plage de Reynisfjara, le sable est si noir qu'on a parfois l'impression de marcher sur du charbon. Les vagues atlantiques arrivent sans s'annoncer, puissantes et rapides, et une pancarte rouge avertit de ne jamais tourner le dos à l'océan. J'ai suivi le conseil à la lettre, face aux rochers de basalte en colonnes, pendant que Yuuki fixait un macareux avec une intensité qui n'augurait rien de bon pour le pauvre macareux. L'Islande a cette façon de vous rendre simultanément très petit et très vivant, et je crois que mon chat l'a compris avant moi.
L'Islande comme je l'ai vécue
Les macareux de Látrabjarg
On m'avait dit que les macareux étaient curieux. Pas à ce point. Ils se sont approchés à moins d'un mètre, m'ont regardée droit dans les yeux, et ont complètement ignoré Yuuki qui frémissait à côté de moi. J'ai dû le retenir trois fois. Les falaises plongent à plus de quatre cents mètres sous nos pieds, et ces petits oiseaux se comportent comme si c'était leur salon. Ce que j'ai retenu : arrivez tôt le matin, ils sont encore plus proches.
Au cœur du Vatnajökull
Marcher sur un glacier, ça ressemble à rien de ce qu'on imagine. La glace craque sous les crampons avec un son sec et net, les crevasses sont d'un bleu qui n'existe nulle part ailleurs, et le froid monte du sol même en plein été. Yuuki a passé la totalité de la marche perché sur mon sac à dos, les yeux écarquillés, sans bouger d'un centimètre. Pour une fois il ne cherchait pas à fuguer. Réservez un guide certifié, la surface change chaque année. C'est assez risqué !
Minuit au port de Reykjavik
Il est minuit, le soleil est encore là, suspendu au-dessus de l'eau comme s'il avait oublié de se coucher. Le port est animé, les terrasses sont pleines, et tout le monde a l'air légèrement désorienté par cette lumière dorée qui ne finit jamais. Yuuki s'est installé sur le parapet et a fixé le reflet du soleil sur l'eau pendant un quart d'heure sans ciller. Je crois qu'il cherchait à comprendre. Moi aussi.
À faire absolument ♡


