En Italie, même se perdre, c'est une bonne idée.

J'avais prévu de rester seulement une semaine, avec une passe de train et une liste de trente choses à voir. À la fin de ma première journée à Rome, j'avais déjà tout réorganisé. Le Colisée m'a complètement soufflée, tellement immense que ça en devient presque absurde, et Yuuki a sorti la tête de son sac exactement à ce moment-là, comme s'il avait senti que c'était important. On est restés là, tous les deux, sans bouger, pendant ce qui m'a semblé un bon quart d'heure.

En Toscane, j'ai manqué mon train à Sienne parce que j'avais suivi un chat de ruelle dans un passage étroit. Je vous le jure, ce n'était pas Yuuki, il dormait dans le sac. Le passage m'a menée à une place minuscule avec une fontaine et deux vieux messieurs qui jouaient aux cartes, et j'ai compris que c'était ça, le vrai rythme de ce pays. J'ai attendu le train suivant sans aucun regret, avec une focaccia achetée chez un boulanger qui ne parlait que le dialecte local. Pour une fois, l'application de traduction n'a pas pu m'aider, mais au moins j'ai bien mangé!

La surprise est venue de la Sicile, que j'avais presque mise en option. Les temples grecs d'Agrigente au coucher du soleil, les colonnes qui virent à l'orange, Yuuki perché sur mon sac posé sur les pierres antiques, en train de bouder parce que le vent lui rabattait les oreilles. C'est là que j'ai réalisé que l'Italie ne se résume pas à ce qu'on vous montre d'habitude. Juste avant de partir, j'ai failli échapper mon appareil photo dans l'Arno pendant que je photographiais Yuuki sur le Ponte Vecchio. Il m'a regardée le rattraper de justesse avec une indifférence totale. Merci Yuuki...

Assise en fleurs

Je vous le jure, je n'avais pas prévu de m'arrêter à Assise. Je suis tombée par hasard sur une ruelle couverte de glycines mauves, du haut des murs jusqu'aux portes des maisons. L'air était lourd de leur parfum, les pierres médiévales disparaissaient sous les fleurs, et Yuuki a failli bondir hors du sac pour attraper une grappe. J'ai pris une bonne centaine de photos sans réussir à capter la moitié de la magie. On a manqué l'autobus suivant, mais au moins on a bien ri!

Lac de Côme

Prendre le traversier sur le lac de Côme, c'est la meilleure décision que j'aie prise en Italie. Pas d'auto, pas de bruit, juste les villages pastel qui glissent sur l'eau turquoise l'un après l'autre. Yuuki s'est installé sur le banc du pont, le nez au vent, et n'a plus bougé de toute la traversée. À un moment, les Alpes sont apparues derrière les collines et j'ai compris pourquoi tout le monde en parle avec des étoiles dans les yeux. Je serais restée à bord toute la journée.

Matera hors du temps

Matera m'a coupé le souffle avant même que je descende de l'autobus. Des milliers de maisons creusées dans la roche, habitées depuis la préhistoire, qui dégringolent dans un ravin sous un ciel bleu presque irréel. Je me suis promenée pendant des heures dans les Sassi, entre les escaliers, les petites églises taillées dans la pierre et les terrasses où sèche le linge. Yuuki a regardé en bas depuis le muret, a reculé prudemment, et je pense qu'il a eu exactement la bonne réaction.

À faire absolument ♡

MikaYuukiYuuki