J'ai vu le ciel se remplir de ballons
Je suis descendue du minibus à Göreme avec une seule certitude : Yuuki n'allait pas aimer dormir dans une grotte. Notre chambre était creusée dans la roche, avec une voûte si basse que je me suis cogné la tête trois fois le premier soir. Dehors, les cheminées de fées se dressaient partout comme des champignons géants oubliés par un dessinateur pressé. La pierre restait fraîche sous mes paumes, et j'ai senti une émotion me serrer la gorge : j'étais vraiment arrivée!
Le premier matin, le réveil a sonné à quatre heures. Yuuki s'est glissé sous la couette et a planté ses griffes dans le matelas avec une détermination de guerrier. Je l'ai porté jusqu'au minibus, emballé dans mon écharpe comme un rouleau de printemps. Au décollage, le pilote a regardé le ciel, a secoué la tête, et tout le monde est reparti se coucher. Trop de vent. J'ai ressenti une déception lourde, presque vexée. Heureusement, j'avais réservé trois nuits sur place, et je me suis consolée avec un thé brûlant servi dans un petit verre en forme de tulipe.
Le lendemain, le ciel était d'un calme absolu. Quand la nacelle a quitté le sol, Yuuki a oublié de bouder. Il a posé ses pattes sur le rebord en osier et fixé la vallée sans cligner des yeux. Autour de nous, une centaine de ballons montaient en même temps, comme une boîte de bonbons renversée dans le ciel rose. Le brûleur soufflait une chaleur sèche sur ma nuque, et j'ai versé une larme ou deux, de pur bonheur.
Mes meilleurs instants
Encore un petit çay
Sur une terrasse d'Üsküdar, face à la tour de Léandre, j'ai commandé un çay pour patienter jusqu'au coucher du soleil. Le serveur me servait un nouveau verre dès que j'en terminais un, sans rien demander, et je disais oui à chaque fois. Au cinquième, un voisin de table m'a montré qu'il suffisait de poser la cuillère en travers du verre pour dire stop. Pendant ce temps, Yuuki poussait les sucres un par un vers le Bosphore. J'ai admiré le coucher du soleil avec les mains qui tremblaient un peu, et déjà l'envie d'un sixième!
La descente de Yuuki
À Büyükada, il n'y a pas de voitures, seulement des vélos, des voiturettes électriques et des mouettes. J'ai loué une bicyclette avec un panier et installé Yuuki dedans comme un petit capitaine. Tout allait bien jusqu'à la grande descente vers le port. Un chat de l'île a surgi, Yuuki s'est dressé dans le panier, et le guidon a décidé de le suivre. On a terminé dans une haie de glycines, et Yuuki m'a regardée avec l'air de dire que c'était ma faute!
Mon avenir dans une tasse
Dans une ruelle colorée de Balat, une vieille dame nous a fait signe d'entrer boire un café. Quand j'ai fini ma tasse, elle l'a retournée sur la soucoupe et a attendu que le marc refroidisse. Yuuki a posé une patte sur la tasse, très sérieux, comme pour vérifier son travail. Puis elle a lu mon avenir dans les dessins laissés par le marc sur les parois. Elle a parlé en turc, je n'ai pas compris un seul mot, mais elle m'a tenu la main tout du long. À la fin, elle a pointé Yuuki du doigt en riant : visiblement, mon avenir, c'était lui!
Top things to do ♡


